L’importance du lieu de travail dans la rétention des talents du digital

Face a la montée en tension de certains métiers du digital, l’importance du lieu de travail devient un élément de plus en plus important pour le recrutement. En réponse à cela, on note une augmentation de l’éclatement géographique des collaborateurs lancent de nouveaux défis aux entreprises. Les PME traditionnelles, en pleine transformation numérique font face à une nouvelle problématique pour attirer les talents du numérique. Eparpillées dans la France entière, elles ont parfois bien du mal à recruter dans les petites villes de province, idem pour les grandes entreprises en Ile-de-France. On constate un réel frein à l’attraction des talents en fonction de la localisation des bureaux. Un poste à Massy Palaiseau ou à Aulnay-Sous-Bois peut diminuer de plus de la moitié le nombre des candidats intéressés vs un poste situé à la Défense ou dans le centre de Paris. Avec l’arrivée des nouvelles générations et le développement des outils de communication, on observe également un changement de mentalité. Alors, pourquoi perdre plus d’une heure de trajet quotidiennement pour venir au bureau écrire des mails et faire des confs call ? Certains entrepreneurs développent même des entreprises sans bureau. Des charges en mois, mais surtout un nouveau Mindset. En outre des structures avec des collaborateurs ultra autonomes, ou l’on peut travailler tout en élevant ses enfants, en faisant du surf ou le tour du monde. A titre d’exemple, la société Basecamp, éditeur du logiciel du même nom (entre autres) et du Framework ‘Ruby on rails’ est basée à Chicago. Pour autant, plus de la moitié de leurs équipes sont à l’étranger, au Canada et en Europe. « Si nous avions limité nos recherches à Chicago, nous nous serions privés de la moitié des gens exceptionnels, avec qui nous travaillons » écrivent les co-fondateurs Jason Fried et David Heinemeier Hansson dans leur livre ‘Rework’.
Que ce soit nécessité ou volonté l’entreprise se décentralise
Pourtant, on note depuis quelques années la montée en puissance des espaces de co-working. En majorité occupés par les indépendants et les start-ups en vue de leur flexibilité. En conséquent les grands groupes en bénéficient également. Une étude de BAP montre d’ailleurs que 25% des espaces de Co-Working sont occupés par des grandes entreprises. La plupart des gens qui optent pour le télétravail préfèrent néanmoins travailler chez eux. Un moyen de réconcilier l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle. D’après une étude de l’association C3D, permettre le télétravail à ses collaborateurs augmenterait la performance de 22%. Cela s’explique par la diminution du taux d’absentéisme, une meilleure implication des collaborateurs (+2.5% de temps de travail) et une meilleure concentration. Car en effet, les bureaux en open-space sont devenus des freins à la productivité. Cela dépend des jobs de chacun, mais difficile de se concentrer plus de 30 min sur un sujet sans être dérangé par un collègue au téléphone, un autre qui vous interrompre pour obtenir des renseignements sur le dossier en cours, ou une proposition de pause-café. Néanmoins, la réorganisation des bureaux en open-space a été un « must have » des dernières années, ayant l’avantage de « décloisonner » l’entreprise et faciliter la communication à l’écoute de tout (ou presque) de ce qui se passe dans l’entreprise, les collaborateurs évoluent dans un cadre de transparent, ce qui finalement contribue aussi à la performance de l’entreprise. Du coup, pour attirer les collaborateurs au sein des bureaux, ou dans l’entreprise tout simplement, les lieux de travail deviennent des lieux de vie. On investit les salles de réunion pour les transferts pour les transformer en salle de jeux vidéo de sieste de musique. Chez Airbnb à San Francisco, vous avez plusieurs chefs cuisiniers, disponibles toute la journée pour vous préparer les meilleurs repas. Facebook et un campus où l’on peut se balader, entrer dans un petit magasin de cupcakes et ressortir sans savoir dépenser un dollar, Google propose des terrains de beach-volley pour faire un break dans la matinée, ou des services de coiffeurs ambulants. Bref, on est bien loin des bureaux austère gris aux néons blancs des années 90. On ne sait plus quoi faire pour attirer les talents.
Les méthodes de management adaptées
La décentralisation des équipes influe également sur les modes de management. On ne juge plus l’assiduité et l’application d’un collaborateur par l’heure à laquelle il arrive et repart du travail, mais par ses résultats. Des objectifs précis quantitatifs et qualitatifs sont fixés pour chaque collaborateur, à des horizons mensuels, voir hebdomadaires, suivant les missions. Grâce à cela, on va pouvoir juger rapidement de la qualité de travail du collaborateur, même si celui-ci est à plus de 4000 km. L’utilisation d’outils de gestion de projets collaboratifs comme Google Suite ou Trello devient alors indispensable. Enfin, pour regrouper l’ensemble des collaborateurs, garder un socle de culture l’entreprise et favoriser la communication, il est important de créer des moments de rencontre, souvent éloignés des objectifs opérationnels de la société. Apéros, voyages escape-game… Tout est bon à prendre pour encourager la cohésion d’équipe.